Photo : Matthew Childs, Reuters

(Lisbonne) Insubmersible, Bayern Munich a assumé dimanche son statut de géant du football pour mettre fin au rêve du PSG et remporter sa sixième Ligue des champions (1-0). Le sacre d'un habitué de la compétition, sans partage pour les ambitions du nouveau venu parisien.

1974, 1975, 1976, 2001, 2013 et donc 2020. Six sacres et une suprématie incontestable en Europe cette saison: le Bayern a rappelé au vieux continent que ses clubs les plus historiques ne permettraient pas aux équipes montantes d'ajouter si facilement leur nom sur les Big Ears Tasse.

Ce n'est certainement pas un hasard si les sept derniers clubs à disputer leur première finale de la compétition ont tous perdu, PSG compris.
Ce n'est peut-être pas un hasard non plus que le seul buteur de la soirée ait été Kingsley Coman, le Français, l'ancien Parisien. «Mon cœur était 100% Bayern car je suis 100% professionnel, mais je ne vais pas mentir […] ça fait un peu mal au cœur», a réagi le héros de la soirée au micro de RMC Sport, évoquant «des sensations extraordinaires».

Le club parisien, qui venait de fêter ses 50 ans, n'avait même pas quatre ans d'existence lorsque les Bavarois de Gerd Müller et Uli Hoeness ont soulevé leur premier trophée ...

Et ces années de différence se sont vues, sur la pelouse d'un stade de Luz sans spectateurs, où Munich a assumé son statut, pressant haut et dominant la possession du ballon dès le début du match et maintenant jusqu'à la fin malgré les temps forts du PSG.

Le succès est également exceptionnel pour l'entraîneur Hansi Flick, propulsé en quelques mois d'intérim à véritable guide suprême de l'armada bavaroise, parcours improbable pour ce technicien âgé de 55 ans beaucoup plus habitué au rôle d'assistant ces dernières années.
Flick avait tout bon: en établissant Coman à la place du Croate Perisic, seul changement dans son équipe type de la phase finale, il a parié brillamment sur la vitesse du Français, peut-être aussi sur son envie de vengeance contre ce club qui ne savait pas comment le faire vivre au plus haut niveau.


Photo : Matthew Childs, Reuters

C'est aussi la victoire de l'expérience et de la régularité, celle d'un Bayern rarement absent sur la scène continentale, qui disputait sa troisième finale dans les neuf dernières C1, pour deux titres désormais. Un Bayern présent dans les quatre dernières de sept de ces neuf éditions, un stade que Paris a découvert cette année ...

Déjà auteurs de cette performance en 2013, les Bavarois répètent le fabuleux triplé de la Coupe nationale C1-Championnat, et confirment au monde qu'ils ont une équipe cinq étoiles - ou plutôt maintenant six étoiles.

Le Polonais Robert Lewandowski, meilleur buteur de l'édition 2020 de la Ligue des champions (15 buts), n'a certes pas marqué dimanche malgré une frappe sur le poteau (22e) et une tête magnifiquement arrêtée par Keylor Navas (31e), mais son incessant l'activité a usé la défense parisienne.

Neymar et Mbappé devront patienter

Le gardien allemand, champion du monde 2014 et revenu à son meilleur niveau, a de nouveau brillé, notamment avec un double arrêt sorti de nulle part devant Neymar (18e). Le Brésilien, le joueur le plus cher du monde, n'aura pas été en mesure de soulager le PSG, et ne pourra pas marquer un seul but dans cette phase finale.


Photo : David Ramos, AFP

La déception est égale pour Mbappé, blessé à la cheville il y a moins d'un mois et pourtant revenu pour «faire l'histoire», comme il aspire à le faire. Mais le jeune champion du monde devra attendre pour ajouter cette ligne glorieuse à son palmarès déjà bien garni.

Car ce n'était pas l'année de Paris, c'était celle du Bayern, intouchable depuis la reprise du football post-coronavirus. La pandémie aura bouleversé la planète footballistique.

Post a Comment

Plus récente Plus ancienne

Featured Posts